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1. Gabon Pays Laïc

Maintenir la place très privilégiée de son cœur, sa maison et son peuple sur le marché de l’estime de Dieu, est l’apanage du fervent croyant, intéresse par la dimension spirituelle de l’humanité. Au Gabon, comme partout ailleurs dans le monde, les alliances, lois et toutes les ordonnances éternelles sont le fondement

de la plénitude de l’évangile rétablie sur la terre, laquelle est indispensable à l’humanité pour rentrer en la présence de Dieu. Et la laïcité est inscrite dans la constitution de la république gabonaise, ce qui signifierait que ce petit pays au centre de l’Afrique accepte toute religion c’est pourquoi le Gabon est un pays laïc.

Théoriquement, des lors que l’on parle de laïcité  au Gabon, le regard est immédiatement porte vers l’islam, pourtant, il n’y a pas que la religion musulmane qui se trouve dans ce pays du golfe de guinée où  différentes communautés religieuses coexistent, certes très peu médiatisées.

En effet,  nous pourrons nous accorder en ce que l'idée de laïcité est assez répandue au Gabon, après que son deuxième président de la république, alors chrétien du nom Albert Bernard Bongo, se convertisse lui-même à l’islam, pour ainsi porter le titre honorifique « hadj », de la société musulmane, ce après son pèlerinage à la Mecque et donc dénommé El hadj Omar Bongo, un nom qu’il a porté plusieurs année durant, puis en ajoutant le nom de son père « Ondimba) pour devenir le dénommé El hadj Omar Bongo Ondimba, en 2004, avant son décès des suites d’une longue maladie le lundi 8 juin 2009, dans une salle VIP de l'hôpital Quiron à Barcelone en Espagne, et avant d’être inhumé le 18 juin 2009, à Bongo ville, au Gabon.

2. Konoville 100% chrétien ou pas?

Comme partout en Afrique subsaharienne à l’instar des régions du sud Cameroun et du nord Gabon, où ces peuples ont connus la réalité de la colonisation Allemande, c’est surtout la religion chrétienne du colon et missionnaire français qui avait pris le dessus sur les populations de Kono, Offoss et Zamelene.

En effet, après la cession à l’Allemagne d’une large bande de terrain au nord du Gabon, incluant l’actuel (Konoville), par la convention du 4 novembre 1911. Et l’histoire retiendra qu’au Gabon, c’est le 6 septembre 1914 à Mimbeng, au nord de Mitzic, où ont eu lieu des combats que sont inhumés 26 tirailleurs « sénégalais » au cimetière militaire de Mimbeng, et le 21 septembre 1914, qu’avait eu lieu l’assaut du poste allemand de Cocobeach.

De prime abord, on remarque que le village Konoville les deux églises possède un patrimoine culturel religieux chrétien ; mais, au besoin de se poser la question de savoir si Konoville est laïc ou pas, la réponse est «OUI», car même si l’on pourrait définir Konoville comme étant à 99,9 % chrétiens, l’on ne saurait s’abstenir de considérer les autres athées ou tout au moins ceux qui restes attachés aux rites religieux et pratiques ancestrales de la pharmacopée des tradipraticiens communément appelé « Nganga ».

En effet, contrairement aux nombreux préjugés qui veulent que la vie d’une personne soit définie ou déterminée en fonction de sa région, de son ethnie d'origine, les Dekono ou ressortissants de Konoville les deux églises, très attachés à leur village, sont complètement en rupture avec toutes ces considérations, et leur ouverture d’esprit et cela est justifié par tous les mariages mixtes ou multi-ethniques qui agrandissent toutes les familles de ce village, et aussi la philosophie Ekang ou stoïque qui le caractérise, convenant d'agir sur les opinions, partant du postulat que « Ce qui trouble les hommes ce ne sont pas les choses mais les opinions qu'ils en ont ».

C’est d'ailleurs cela qui expliquerait assurément pourquoi ils vivent en parfaite harmonie avec leurs compatriotes d’autres ethnies et tous les ressortissants étrangers d’autres appartenances religieuses et telles que celles fortement musulmanes, qui viennent s’installer à Konoville, pour des questions purement économiques.

Donc l’on serait tenté de dire que le brassage des populations survenu par la forte présence des premiers ressortissants haoussas au nord du Gabon, tous musulmans qui se retrouvaient dans les villes équidistantes de ce village à Oyem (au quartier Akoakam), chef-lieu de la province du Woleu-Ntem et de Bitam (au quartier Est) chef-lieu du département du Ntem.

3. La construction des deux églises de Konoville.

Le mot « église » que nous utilisons communément aujourd’hui a pour étymologie celui latin par « ecclesia » et lequel avait cependant été traduit du grec « ekklesia », qui correspond à l’hébreu « qahal » traduit par synagogue ou lieu de culte pour les peuples d’Israël (israélites). Aussi, le dictionnaire de la langue française défini ce mot « église » par «l’édifice consacrée chez les chrétiens au culte divin», car au sens chrétien, c’est l’assemblée ou communion des personnes de toute nations non plus étrangères entre elles et unies par une même fois chrétienne.

le village Konoville regorge deux églises , qui expriment la relation très privilégiée de Dieu dans leurs cœurs, d’où son nom officiel, Konoville-les-deux-églises « catholique et protestante » avec des toits surmontés d'une croix chrétienne, et leurs architectures, certes très simplistes, mais, digne des grandes agglomérations fortement urbanisées, car la croyance et les rapports de Konoville avec la divinité et le sacré  sont d’ordre du christianisme, aussi parler de religion à Konoville serait parlé de la grande église chrétienne où le culte et toutes les cérémonies ecclésiastes sont célébrés en langue locale (Ntumu), donnant ainsi un renseignement sur la vie religieuse de ce village.

En effet, les deux églises actuelles de Konoville, sont désormais, des bâtisses offertes charitablement par un des fils de ce village, étant l’une de plus grandes figures politique de la province du Woleu-Ntem et particulièrement de ce village, qui avait occupé, les fonctions administratives d’«ancien vice-premier ministre, ancien président de l'Assemblée nationale, et de sénateur du Ntem (Bitam)», en la personnalité de feu son excellence Simon Essimengane, sans nul besoin de remettre en état ou de rénover l’ apparence des deux anciennes églises sur lesquelles, le temps avait laissé des traces assez importantes, mais surtout ayant un fort désir de laisser lui aussi un souvenir impérissable dans les esprits de populations de Konoville, du Gabon profond, mais aussi du monde touristique, à l’image de Leonard Da Vinci.

Par ailleurs, c’est surtout à cause de la détérioration de ces deux anciennes églises, leur capacité insuffisante et de l’évolution des nouvelles générations, qu’elles firent places à nos deux églises actuelles, car l’on pouvait entendre au loin, les dires de leurs yeux, sur les regards de chacun des fils des premières générations de Konoville, et donc percevoir la douleur sentimentale dans la profondeur de leurs âmes.

Egalement, nous notons que contrairement, aux édifices religieux et prestigieux des zones urbaines, aucune des églises de Konoville ne possède une boutique, qui aurait pu offrir sinon, proposer en vente aux fidèles chrétiens ou non, aux pèlerins et tous autres touristes, des livres religieux tels que la Bible, les cantiques ou autres objets de piété, d’autres souvenirs comme des cartes postales, des pins, porte-clés, des médaillons, des images et tee-shirts, casquettes, à l'effigie de ces églises.

Toutefois, bien que ces boutiques n’existent pas jusqu'à nos jours, il est important de rappeler que les objets susmentionnés, sont produits par un particulier, fils du village, qui en a exprimé le besoin et matérialiser la production au grand bonheur des Dekono. Aussi, nous mettons sur ce site à la disposition de tous, des nombreuses galléries contenant de superbes photographies ou images de ces églises en particulier, mais de tous les coins du village Konoville les deux églises en général.

3.1. Église protestante  de Konoville 

Parmi les deux édifices religieux chrétiens de Konoville, l’unique protestant est, le bâtiment le plus élevé du village, construit pour servir d’office à la paroisse de l’église évangélique du Gabon, qui porte le nom du village.

Nous notons deux églises successives élevées sur l'emplacement de l'actuelle église protestante, car le donateur de cette œuvre majestueuse, de charité et de piété, feu Simon Essimengane (un fils de ce village), lui-même protestant confirmé, motivée, à léguer à son village, une œuvre pour la postérité, avait choisi son emplacement à côté de l’ancienne église protestante qui était tout juste un agrandissement de la chapelle primitive recouverte de terre battue, de portes en planches et écorces de bois et d'un toit voûté.

Mais c’est avec la détérioration causée par l’évolution du temps, le taux de croissance de population de Konoville qui s’accélérait, d’où son incapacité à accueillir plus de fidèles lors des cultes hebdomadaires et lors des différentes cérémonies religieuses, qu’elle fit place à notre église protestante actuelle qui, elle, s’est constitué en paroisse de l’église évangélique du Gabon vers 19 ??  : La Paroisse de Konoville dont l’apparence, avec son toit surmonté d'une croix rappelle celle des églises des grandes villes. Elle est plus peuplée regroupe près de trois (3) chorales religieuses.

En effet, la paroisse de la contrée était uniquement dans le grand village voisin d’Awoua a près de 3 km de distance, où les Dekono devaient se rendre pour la célébration de nombreuses cérémonies et ou fête religieuses de l’église évangélique du Gabon.

Par ailleurs, en consultant son plan intérieur, cette église protestante et paroisse de Konoville, possède 1 autels en forme d’une table, connu pour être l’endroit le plus sacré de l’église, où l’on célèbre la messe ou l’Eucharistie, symbolisant la célébration du sacrifice sous les espèces du pain et du vin, du corps et du sang du fils de Dieu Jésus Christ.

Egalement, à l’extérieur, le clocher roman de cette église protestante, actuelle paroisse de Konoville, est visible au loin à l’œil des passants, et ce pieux édifice qui fait admirablement dans le paysage a son charme et sert encore aujourd’hui de paroisse à l’église évangélique du Gabon. Et à la place de la cloche, initialement prévu dans le clocher, se trouve un tambour monoxyle a fente ou le NKUL en bois (Padouk), qui chante mais surtout dont l’aptitude à parler repose sur la valeur sémantique que le son a dans la langue Fang (Ntumu) qui est, une langues à tonalités sémantiques utilisant une énorme diversité de tons, dont nous pouvons distinguer particulièrement trois tons (haut, moyen et grave), et lequel Nkul chez les fangs illustrant ainsi, la réciprocité entre la musique et le langage que l’on retrouve également, chez d’autres peuples bantou d’Afrique subsaharienne, sert de manière à appeler les fidèles de manière hebdomadaire, donc chaque dimanche, jour saint du culte, à l’Office divin , mais aussi de manière journalière a appeler les fidèles à la prière quotidienne ou, l’office de l’Aude, qui a lieu à l'aube vers 6 heures du matin. (Bia ke yele ou réunion de prière).

3.2. Église Catholique de Konoville

L’église catholique de Konoville, qui était tout juste une chapelle primitive recouverte de terre battue, de portes en planches et écorces de bois et d'un toit en feuille de tôles rouillées, a également connu un réaménagement de ses locaux, un peu plus loin sur l’ancien terrain de football de Konoville, et distante sur une centaine de mètres (100 m), car le donateur de cette œuvre majestueuse, de charité et de piété, feu Simon Essimengane (un fils de ce village), lui-même certes protestant confirmé, donc d’une autre église, avait choisi, de léguer à son village, une œuvre de piété pour la postérité en cette nouvelle église catholique, a cet emplacement spécifique et stratégique.

En effet l’actuelle église catholique, plus immense, commode, moderne et construite en dure donc plus appropriée aux temps actuel, a pris le dessus sur l’ancienne, et qui ne pouvait plus abriter des manifestations d’une certaines envergure. Cependant les activités religieuses donc de l’église ne laissent pas les Dekono indifférents, tous sont concernés et la jeunesse se voit partagé sa présence entre les deux sanctuaires du village, car  l’église catholique, moins peuplée n’a qu’une seule chorales.

4. Les cultes et patrimoine culturel et ancestral

À Konoville, comme dans chaque village Fang en général, le corps de garde (Aba’ a) était et demeure jusqu’aujourd’hui, un bâtiment très important, d’une architecture très simpliste avec des murs à moitié fermés à l’horizontale, qui sert de lieu de palabres, et où seuls les hommes tous ensembles,  prenaient les repas.

Le village Konoville les deux églises, Fang, est unilatéralement patrilinéaire où l’aîné est porteur de l’autorité dans la famille et surtout Ntumu, étymologiquement « Ntum » désignant la canne du chef, « à bêlé ntum » donc portée le symbole du grade de chef de famille ou du clan lors des palabres, nécessitant les Hommes. Mais tout enfant né avant mariage coutumier ou civil entre deux tourtereaux appartiens au village de la mère, et ne pouvait donc porter le nom de la famille du père géniteur. C’est pourquoi, le mariage s’impose avant l’accouplement d’une part, sinon avant la naissance de l’enfant d’autre part.

Toutefois, avec les temps modernes, et l’évolution des générations, il est déjà possible à certains fangs, de reconnaitre leurs enfants nés avant mariage et de leur donner le nom propre de la famille du père géniteur, et cette pratique reste désormais dévalorisante des coutumes ancestrales. 

4.1. La fin des pratiques occulte ancestrale

Par ailleurs, si ces cultes ont disparus de nos jours, il reste très important d’en faire mention ici pour les futures générations qui ont le droit de connaître leur propre histoire ancestrale, car les temps modernes et la perversion qu’ils rependent par le billet des medias, sont une réalité qui ne cesse de faire couler beaucoup d’encre, mais surtout remuer les tombes de nos ancêtres africains.

Egalement, c’est au début du XXe siècle, que les missions chrétiennes entrée en Afrique subsaharienne à cause de la colonisation, que les cultes de Byéri avaient été interdits, car ralentissait l’avancé des doctrines imposées par les missionnaires chrétiens (Le Christianisme et la foi chrétienne).

4.2. Le Culte Byeri à Konoville

Reliquaire Byéri FANGLes ressortissants de Konoville les deux églises représentent une infime partie de la très grande société Fang éparpillées au Nord du Gabon, au sud du Cameroun et en Guinée équatoriale et dont l’homogénéité a toujours trouvé une cohésion sociale autour des cultes Sô, Ngil, et la pratique du culte des reliques osseuses du  Byeri commune à tous les Fang.

Et ces cultes dont les objets trouvés dans le nord du Gabon, connu dès la fin du 19 e siècle, sont exposés aujourd’hui dans les grands musés des pays occidentaux  (à l’exemple du masque Ngil du Musée Barbier-Mueller) et paraissent dans de nombreux documentaires.

Ainsi, parler de ces cultes à Konoville, reviens à parler de leur pratique chez les peuples Fang en générale, car ces pratiques qui ont certes disparues aujourd’hui étaient bien connues des premières générations de fils de Konoville.

En effet, chacun des enfants des premières générations de Konoville était généralement depuis sa naissance jusqu’à sa mort, intégré dans son village par une suite d’initiation aux rites pour le guider dans les étapes de sa vie. Partant de la circoncision devant le corps de garde (Aba’ a), ce, avant d’atteindre une dizaine d’années, puis l’apprentissage des lignages pour éviter l’inceste, pour être enfin initié au culte familial des ancêtres (culte du Byéri), ce en âge pour le mariage, afin de perpétrer la lignée donc la famille et la culture des siens.

La particularité du culte Byéri consistait en ce que chaque famille ou clan, conservent les crânes prélevés de ses ancêtres, car l’ancêtre est le garant du monde vivant et celui de l’inconnu futur, donc par excellence l’axe de la société et c’est lui qui peut protéger sa descendance toujours en vie contre les sorciers maléfiques.

 Et ces crânes prélevés des défunts tous uniquement, des illustres (guerriers et ou notables) faisaient office de réceptacles de la force vitale de ses propres ancêtres, sachant qu’ils sont unilatéralement patrilinéaire, donc particulièrement ceux des parents ou des ancêtres du lignage. Et ces crânes prélevés  étaient conservés dans les reliquaires d’écorce dénommés « nsekh byeri » et gardés magiquement par les statuettes de bois ou autres effigies anthropomorphes souvent figurées par des masque sculptés en bois.

Donc, pour les anciennes générations de Konoville, il était normale de faire beaucoup de requêtes par leur intermédiaire aux ancêtres de sa propre famille « be-mvam »  ou encore « be-kon »  en vue de l’obtention de  la fécondité des femmes donc pour pérenniser la famille et du clan, le succès à la chasse, les richesses, la chance à la guerre, ce en les honorant régulièrement par des offrandes de nourriture, avec des prières et libations.

 

4.3. Le Melan ou initiation au culte Byéri

Egalement, c’était uniquement, au cours de l’initiation à ce rite, que ces crânes familiaux prélevés étaient exhibés et nommés aux jeunes garçons dans une fête solennelle,  après  que ces derniers aient avaler une décoction faites de plante Alan  aux  effets hallucinatoires à l’ingestion du stupéfiant (et du même acabit que l’iboga dans le bwiti), d’où le nom de l’initiation au Melan ( à kù melan ).

En effet, la dénomination de l’initiation au culte Byeri est Melan, pluriel par étymologie de Alan, qui est une plante aux  effets hallucinatoires dont l’ingestion permettait de rentrer en contact avec les ancêtres ou parents morts et recevant d’eux son vrai nom, et ses interdits personnels. 

En somme, l’initiation au Melan, ou culte Byéri qui se passe entre les hommes d’un même lignage donc de la même famille, se déroule en trois étapes fondamentales :

La purification : Avec pour premier objectif de chasser les mauvais esprits, les candidats à l’initiation séparés initialement de la hutte où se trouvent les Byéri, se purifiaient d’abord avec une eau dans laquelle sont trempés un cocktail d’écorces d’arbres, fleurs, feuilles, racines et qu’ils s’aspergeaient sur la tête, le visage et sur le cœur. 

L’ingestion de la plante hallucinogène Alan: Elle consiste à mâcher puis avaler de petits morceaux de la décoction de la plante Alan, dont les effets hallucinatoires, sont  amplifiés le bruit festif des danses, des chants et de la musique. Tandis que les candidats à l’initiation toujours séparés de la hutte où se trouvent les Byéri, perdent donc tous leurs mouvements volontaires, car c’est lors dans cet état de catalepsie qui dure environs deux ou trois heures,  qu’ils arrivaient à voir et entendre leurs ancêtres qui leur prodiguaient des conseils, et les interdits personnels. 

Reliquaire Byéri FANGLes statues Byeri et les crânes des ancêtres : les candidats à l’initiation sont enfin conduits dans la hutte où se trouvent les Byéri, où ils devaient absolument raconter leur vision aux ainés, et avoir le droit de voir les crânes des ancêtres, sous serment de ne jamais révéler à des non-initiés, ce qu’ils ont vu et entendu. 

Par ailleurs, la cérémonie de Melan ou l’initiation au culte Byeri, se termine au village par une ambiance festive, où  les hommes dansaient avec les statues Byeri, ce afin que les ancêtres dispensent de bonheurs les familles. 

Finalement, c’est après  cette ambiance festive, que les statues Byeri étaient rapportées et reposées sur les boîtes cylindriques en écorce gardées dans une petite hutte à l’écart du village servant de reliquaires aux ossements des crânes des ancêtres. 

 

4.4. Le Masque de Justice Ngil à Konoville 

Masque NgilBien que la société masculine Ngil qui n'existe plus de nos jours, il est important de rappeler dans ce contexte historique que, parler à Konoville de l’initiation à la justice du Ngil qui était  précédée par celle du Byéri, reviens à parler des pratiques anciennes chez  les Fang, des premières générations La société masculine Ngil, dont les objectifs premiers étaient de découvrir les sorciers maléfiques et de les tuer, mais aussi la résolution très pacifique des conflits de guerres entre les clans. 

En effet, le Ngil qui intervenait objectivement au plan juridique et politique, était un  facteur d’unité entre les clans, car il permettait de dépasser les clivages politiques et socio-culturels entre les différents clans. C’est pourquoi, seuls les grands maîtres initiés au Ngil disposaient d’une sorte immunité totale et ne craignant rien lors de la traverser des clans en guerre, et ce en parfaite impunité, comme un ambassadeur plénipotentiaire d’un Etat souverain, en charge d’assurer sa diplomatie. 

Ce rite qui avait lieu le soir à la tombée de la nuit éclairée par des torches avec un crâne de l’ancêtre et une statue en terre. L’arrivée du maitre Ngil masqué était toujours annoncée pour permettre aux femmes et les enfants de se cacher dans leurs maisons, car c’était une société masculine. 

Par ailleurs, l’intervention du Ngil dans les villages était uniquement à la demande de ses habitants, car c’était exclusivement après plusieurs pertes de parents morts de manières inexpliquées attribuées à la sorcellerie. Et c’était donc le grand maître Ngil, autrefois revêtu d’un masque long en bois et de couleur blanche des esprits. 

Aussi, pour découvrir les sorciers maléfiques, responsable des malheurs mystiques qui frappent le village, le maitre Ngil Masqué se promenait dans le village en frappant le crâne de l’ancêtre sur les maisons avec et en invoquant la malédiction sur le sorcier maléfiques coupable, lequel était facilement reconnu puis mis à mort, car le test qui consistait à faire  défiler les habitants du village devant la statue de terre en plantant un épieux, voyait ce dernier trembler et ou trébucher.

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Konoville les deux églises en 1964
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Konoville les deux églises en 2004